Sois cool et résiste

Le cool comme philosophie de vie est une forme de rébellion née de la culture noire américaine en réaction au racisme.

Le mot « cool » est présent depuis des décennies dans notre vocabulaire et transcende les générations. Depuis les années 80, le mot « cool » désigne ce qui est populaire et à la mode. En réalité, ce mot a un tout autre sens lorsqu’on se place du côté des États-Unis.

En fait, le cool n’est pas juste un style mais bien une « philosophie incarnée » d’après  Joel  Dinerstein (University of Chicago Press, 2017). Le cool était avant tout une forme de résistance et de rébellion, une sorte de rejet de l’optimisme de l’après-guerre.

C’est au sein de la culture noire que le concept cool est né. Et spécifiquement  chez des personnes qui devaient endurer les humiliations du racisme sans perdre leur calme et ceux-ci ne voyaient pas comment leur situation pouvait s’améliorer.

Le premier à incarner le cool serait le saxophoniste jazzman Lester Young (27/08/1909 – 15/03/1959), car il restait imperturbable en toute circonstance et son expression favorite est « Je suis cool ». De plus, Young portait des lunettes de soleil  lors d’un festival devant 25 000 spectateurs et cet accessoire est  vite devenu un élément essentiel du cool.  Dans cette période de tensions raciales, les Afro-Américains ont trouvé dans ce masque impassible une alternative à la posture du « bon Noir » toujours souriant de La Case de l’oncle Tom.

Ensuite, au sortir de la Seconde guerre mondiale, de nombreux musiciens et écrivains noirs américains vinrent chercher à Paris, l’égalité qu’on leur refusait dans leur pays. Ainsi pendant l’Occupation, les existentialistes avaient aussi tenté d’adopter une sorte de « cool » attitude face à l’oppression.

D’autre part, de l’autre côté de l’Atlantique, le cool conquiert les blancs sensibles au jazz et entre 1943 et 1963, le mot « cool » finit par désigner toutes les attitudes rebelles.

Évidemment, aujourd’hui, la rébellion n’est plus la même mais cette première révolte à l’échelle individuelle a été décisive pour l’apparition de mouvements collectifs des années 60.

Source : BOOKS magazine n°86 page 72 rubrique « Le monde en parle » animée par Amandine Meunier, The Origins of Cool in Postwar America  Joel  Dinerstein (University of Chicago Press, 2017).

Photos libres de droits.

 

 

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