Dictatures et censures, prisonniers et amitiés  (Partenariat avec POUR Écrire la liberté)

Pour terminer cette série de chroniques consacrées aux Geôles d’Alger (Éditions Riveneuve) du journaliste Mohamed Benchicou, directeur et éditorialiste du Matin, auteur du livre « Bouteflika, une imposture algérienne » (photo Le Matin), injustement enfermé deux années au terrifiant pénitencier d’El-Harrach, il me plaît à rendre hommage à ce confrère et à toutes celles et tous ceux qui l’aidèrent dans son combat pour la Démocratie. Ils furent très rares au début, soit ils se taisaient par peur, lâcheté ou copinage avec le Pouvoir omnipotent, soit ils étaient à leur tour enfermés ou, pire, se suicidaient ou étaient suicidés.

Puis, grâce à un Comité de soutien aux journalistes algériens, tout en montrant de la solidarité avec les détenus maltraités dans les prisons et parle système judiciaire, ce Comité, donc, ne cessa de clamer cette situation dictatoriale, a fortiori quand le quotidien Le Matin fut rayé de la carte médiatique sur injonctions de Bouteflika et de ses sinistres acolytes.

Dictatures et censures cohabitent intimement, on ne le sait que trop bien.

Je cite Mohamed Benchicou : « Les démunis, comme tous les exclus que j’ai croisés en ces lieux, les catacombes souterraines du tribunal d’Alger et les geôles d’El Harrach, qu’ils soient chômeurs, délinquants ou catins, ces démunis m’ont pourtant toujours offert leur unique richesse : l’amitié. Ils souffraient visiblement de voir enfermé un journaliste pour ses articles et vivaient cette injustice comme une profanation des derniers espoirs sacrés qui maintiennent dans mon pays, la flamme en des lendemains meilleurs. Les haillons de la misère couvrent d’incroyables vertus. »

Et de citer pour conclure, le privilège de la plume libre, celui d’une réponse d’Albert Camus lorsque, invité à faire le bilan de son expérience à la tête de Combat, le quotidien de résistance, il avait simplement répondu : « Au moins, nous n’avons pas menti ! » et ce propos de Nelson Mandela : « Être libre, ce n’est pas seulement se débarrasser de ses chaînes ; c’est vivre d’une façon qui respecte et renforce la liberté des autres. »

Albert Camus, Nelson Mandela, Mohamed Benchicou, toutes proportions gardées, sont de la même famille des vrais défenseurs de la Liberté.

Musique : Michaël Mathy.

Dictatures et censures, prisonniers et amitiés  (Partenariat avec POUR Écrire la liberté)

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